LIRE SEUL ENSEMBLE – Sophiane Rousseau
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« Je suis bien chez moi! » Une phrase simple mais qu’on a tous déjà dite ou pensée. Nous avons tous des endroits que l’on appelle « chez soi », mais qu’est-ce qui rend ces endroits différents des autres?
Un coin bien à nous, qu’il soit partagé avec des amis ou de la famille, est essentiel à notre santé mentale. Notre espace de vie privée répond à nos besoins qu’il soit physique ou psychologique en nous procurant du confort et de l’intimité. Une maison, un condo, un studio, un appartement, peu importe comment vous l’appelez, c’est chez vous. Un lieu de partage avec les membres qui nous sont proche tout en étant un espace isolé de la société. La chambre à coucher est un autre exemple clair et simple d’espace de vie privée. C’est un endroit où l’on se sent complètement libre de faire se qui nous chante parce que le niveau d’intimité de cet espace est très élevé. Les chambres des moines dans les monastères sont un autre exemple, mais au-delà de l’intimité, elle est plutôt synonyme d’isolement. Les moines cherchent délibérément à être seuls afin de pouvoir faire une introspection et certains vont même jusqu’à cesser de parler. Tout comme la chambre de moine, la cellule de prisonnier sert d’isolement, mais le moine a choisi cet état tandis que le prisonnier se voit contraint par la loi et non ses désirs. Dans l’isolement il y a un niveau élevé d’intimité, mais est-ce vraiment nécessaire de s’isoler complètement, de se couper du monde afin d’atteindre un niveau d’intimité respectable?
L’espace de vie public est aussi nécessaire au bien-être intellectuel d’un individu, mais il comporte plus de contraintes que l’espace intime. La densité urbaine est un élément auquel nous sommes confrontés et cette densité ne cesse d’augmenter depuis les dernières années. La proximité entre les gens dans les espaces de vie publique est directement influencée par cette densité croissante. Il y a une certaine réticence à cette proximité puisque les individus se sentent atteints dans leur intimité. D’un autre côté, l’espace de vie public est un lieu de partage et d’expérience collective. Un spectacle rock n’est pas du tout la même chose sans une énorme foule avec qui partager l’expérience. Un festival tel les Francofolies, Juste pour rire ou le Festival de Jazz ne serait pas un événement s’il était vécu de façon intime. L’espace de vie collective sert à se détacher de son confort et de son intimité afin de partager des expériences.
L’humain voyage entre ces deux espaces : l’espace de vie privée où il trouve réconfort dans l’intimité et l’espace de vie public où il partage ses expériences. Y a-t-il un espace mitoyen? Est-ce que l’intimité peut être vécue dans un espace public? Est-ce que l’intimité peut être vécue collectivement? Est-il nécessaire que l’espace intime soit très grand? Quelles sont les limites minimales de l’intimité? De quel espace a-t-on besoin afin que notre intimité soit respectée?
Il faut peut-être déranger l’espace minimal intime afin de voir quelles réactions cela peut susciter!






