OCCUPATIONS 

12 RENDEZ-VOUS – Magali Coursodon

Événement - Ressources - Situation - Contact (magali.coursodon@gmail.com)

Repères du quotidien

Perd, repère et récupère

le guide des repères au quotidien

Un monde qui change …
… en constante évolution, obligeant la société à évoluer, à se transformer et s’adapter à l’environnement qui l’entoure. Que ce soit par les médias, les nouvelles technologies, ou bien la façon de vivre, on découvre un changement rapide et une grande quantité de nouvelles réalités qui se présentent à nous. Le quotidien peut être touché par cette mutation.

une perte de repères…
… mais qu’est ce qu’un repère ? C’est cet objet qui nous rappelle des souvenirs, nous rassure, ce lieu qui nous permet de nous retrouver, nous situer, ou bien cette date qui garde une valeur dans notre mémoire.

Tous ces éléments sont là comme des marques qui vont nous permettre de nous construire un quotidien. Alors pourquoi aujourd’hui parlons-nous de perte de repères ? Si le monde se transforme, il faut à chacun d’entre nous reformuler des nouvelles références, transformer ces valeurs que l’on a toujours identifiées. Ces changements conduisent certains individus à une perte de confiance, « une perte de sujet, conduisant à tenter de nous repérer « sur l’impossible, paradoxe constitutif de notre modernité ». [1] On perçoit ainsi cette peur du changement qui mènerait à un changement de quotidien, d’habitudes. Cette notion, on peut l’assimiler à ces individus qui quittent leur pays, pour s’installer ailleurs et se construire un nouveau quotidien. Découvrir une nouvelle culture, nous permet d’en apprendre plus sur les autres mais s’y perd-t-on ?

La peur d’une lassitude

Malgré toute cette peur de l’évolution de la société, un paradoxe est réel : à côté de la peur de la perte de nos propres repères, il y a la crainte d’une lassitude, d’un ennui dans notre propre quotidien. Une tension est bien présente : assimiler des marques dans le quotidien, c’est à la fois un réconfort mais aussi une banalité. Comment confronter cette perte de repères et cette appréhension afin d’obtenir un équilibre du quotidien ? Comment « retrouver quelque chose de l’étonnement que pouvaient éprouver Jules Vernes ou ces lecteurs en face d’un appareil capable de reproduire et transporter les sons? » [2]

Épuiser les repères du quotidien, retrouver ces marques que l’on ne distingue plus par habitude de leur présence, proposer des repères possibles actuels, ce travail est nécessaire pour retrouver l’origine des nos valeurs, celles qui orientent nos vies et consolident nos identités.

Interroger l’habituel

Georges Perec le disait bien « Interroger l’habituel. Mais justement, nous y sommes habitués. Nous ne l’interrogeons pas, il ne nous interroge pas, il semble ne pas faire problème, nous le vivons sans y penser, comme s’il ne véhiculait ni question ni réponse, comme s’il était porteur d’aucune information. Ce n’est même plus du conditionnement, c’est de l’anesthésie. Nous dormons notre vie d’un sommeil sans rêve. Mais où est-elle notre vie ? Où est notre corps ? Où est notre espace ? » [3] On peut alors jouer sur les contrastes de ces repères qui oscillent entre la nouveauté et la répétition.

On retrouve également une notion de mémoire, de souvenir qui peut mettre en avant une idée de macro et micro histoire. Rapprocher les gens, leur faire révéler un peu de leur quotidien. Attiser la curiosité du public, jouer sur la véracité des informations.

Habiter temporairement

Habiter un espace, une expérience faites d’habitudes et d’expériences nouvelles. S’approprier un espace pour un moment, un espace qui nous permet de vivre, de s’y retrouver dans le monde actuel en perpétuel changement. À l’échelle du logement ou de la ville : inviter les nouveaux arrivants à se construire un quotidien, et aux habitants de redécouvrir leur ville.

[1] Perte des repères et lien social en mutation, Frank Bellaïche, article du 4/12/2003, REVUE DE PSYCHIATRIE, PSYCHANALYSE ET CULTURE, http://psythere.free.fr/
[2] L’infra-ordinaire, Georges Perec, préface : Approche de quoi, édition du seuil, septembre 1989, page 12
[3] ibid., page 11