LE LABYRINTHE INTÉRIEUR – Dan Li
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“Le XXIème siècle sera spirituel ou ne sera pas ?”[1]
Les mots spiritualité et spirituel viennent du mot latin spiritus qui est lui-même la traduction du mot grec pneumaticos ou selon la tradition juive, de la ruab, mots signifiant originellement « souffle ». Un autre mot grec important pour parler de ce qui ce passe au cœur, à l’intérieur de l’être humain : le mot noûs qui signifie « esprit », « âme » et aussi « faculté de connaître ». [2] Dans les pays occidentaux, nous vivons le plus souvent notre spiritualité au travers de la religion. Toutefois, parler de « spiritualité » dans notre monde contemporain renvoie souvent à une démarche plus ou moins philosophique, sans appartenance religieuse mais sans réaction antireligieuse. En effet, un athée a besoin aussi d’une vie spirituelle autant qu’un croyant. La spiritualité est une dimension de la condition humaine, c’est la vie de l’esprit. « Les athées peuvent et doivent, non pas au sens moral d’un devoir mais au sens d’une espèce d’exigence humaine, avoir eux aussi une vie spirituelle ».[3]
Pour les tibétains, la vie spirituelle accompagne tous les actes, tous les pensées, fusionnant avec la vie elle-même, alors que dans le monde occidental, les préoccupations sont plustôt d’ordre matériel. Le manque d’harmonie et d’équilibre est présent dans plusieurs aspects de la vie contemporaine. L’équilibre entre la vie matérielle et la vie spirituelle est fondamental.
Notre vie s’accompagne d’anxiété, de stress, de dépression, de ressentiment, d’avidité, d’intolérance, de violence, d’un sentiment de frustration et de culpabilité, etc. Nous avons de grandes difficultés à gérer ces émotions humaines, pourtant, elles sont les productions inévitables et inséparables de la vie matérialiste. Comment être heureux, libre et en paix dans un tel environnement ? La société matérialiste nous force à négliger la vie spirituelle, toutefois, il y a qu’un équilibre entre la vie matérielle et la vie spirituelle résolverait notre problème.
La globalisation de la culture accélère la rencontre de diverses traditions religieuses et favorise l’émergence de nouvelles manières de pratiquer la spiritualité s’inspirant non seulement d’autres religions, mais également de divers courants philosophiques et spirituels. Par exemple, le Yoga est une réalisation pratique (sâdhanâ) obtenue par une ascèse engageant toutes les forces du corps et de l’esprit.[4]Il est connu en Occident depuis le début du XXème Siècle comme une forme de pratique spirituelle mais non religieuse. On ne peut plus prier comme avant, sans tenir compte de la présence de l’autre croyant. Dans le monde actuel, la méditation est « le domaine naturel commun » des traditions de sagesse. La pratique de méditation devient un puissant catalyseur.[5]
Bien que la société matérialiste néglige la vie spirituelle, force est de constater que nous ne sommes pas indifférents à la place que doit prendre la vie spirituelle. Un phénomène de résurgence des croyances et pratiques apparaît dans le monde entier. En même temps, pratiquer la vie spirituelle sous des formes issues de la spiritualité ou de la sagesses orientales devient une tendance dans le monde occidental. Montréal fut dès son origine dotée d’un grand nombre de lieux de culte. Plus récemment, le nombre élevé d’immigrants ajoute dans cette ville une diversité origines, cultures, traditions et croyances. Aurons-nous le privilège de voir apparaître de nouvelles pratiques spirituelles ?








