OCCUPATIONS 

LA DÉTENTE, UN COLLECTIF – Amandine Guillard

Événement - Ressources - Situation - Contact (amandineguillard@yahoo.fr)

PERDRE ET GAGNER DU TEMPS

Stratégies
Nous mettons tous en place des stratégies, plus ou moins élaborées, au quotidien, pour gagner ou perdre du temps. Cette préoccupation ambiante tourne parfois même à l’obsession. Comment rentabiliser son temps ? Comment éviter d’en perdre ? Comment se rendre productifs en permanence ? Et comment remédier à la culpabilité de ne rien faire ?

Pour constater l’intérêt toujours croissant porté à ces questions il suffit d’observer l’existence de site internet tel que merciservicepublic.com, proposant aux usagers de calculer leur nombre d’heures perdues, ou bien le nombre de magazines de management en ligne consacrés exclusivement au gain de temps.

Des recherches statistiques sont aussi menées dans ce sens. L’entreprise Fedex, spécialisée dans l’expédition de courrier et coulis, a récemment fait paraître la conclusion d’une de ses enquêtes. Le secret de sa performance : tourner systématiquement à droite pour se rendre au point de livraison permet de gagner 3 minutes sur le temps de parcours.

Temps de déplacement
En ville, nos déplacements sont évidemment régis par les contraintes de l’environnement urbain mais aussi par nos habitudes au quotidien. La notion de temps (gain ou perte) influe sur notre façon de circuler. Nos déambulations sont la plupart du temps fonctionnelles, laissant très peu de place au hasard et à l’accident.

Cet automne, le Centre Canadien d’Architecture de Montréal accueillait une exposition intitulée “ La vitesse et ses limites ” qui traitait précisément de la recherche de la performance, du rapport entretenu au temps et de son influence sur l’évolution de la société contemporaine.

Dans son livre La lenteur, Kundera écrit que “ le degré de la vitesse est directement proportionnel à l’intensité de l’oubli. De cette équation on peut déduire divers corollaires, par exemple celui-ci : notre époque s’adonne au démon de la vitesse et c’est pour cette raison qu’elle s’oublie si facilement elle-même. Or je préfère inverser cette affirmation et dire : notre époque est obsédée par le désir d’oubli et c’est afin de combler ce désir qu’elle s’adonne au démon de la vitesse ; elle accélère le pas parce qu’elle veut nous faire comprendre qu’elle ne souhaite plus qu’on se souvienne d’elle ; qu’elle se sent lasse d’elle-même ; écœurée d’elle-même ; qu’elle veut souffler la petite flamme tremblante de la mémoire. ”

À propos du temps qu’on croit perdu
Parallèlement, et par opposition à l’accélération générale du rythme de vie, de travail, de transport et de circulation, il existe une envie manifeste d’enrayer ce culte de l’efficacité. On a notamment vu naître le Slow-movement, éloge à la lenteur, ou encore le principe de lenteur volontaire (calqué sur celui de la simplicité volontaire), des regroupements comme le Cercle des Lents d’Amérique, les Partisans du moindre effort, etc.

C’est dans ce contexte que s’inscrit mon projet de design d’événement. Je travaille sur les stratégies adoptées par chacun d’entre nous pour gagner ou perdre du temps au quotidien, depuis l’excès de zèle à la procrastination. Je cherche ainsi à révéler le potentiel du temps qu’on croit perdu.

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