MA PLACE – Albane Guy
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La propriété est une des notions fondatrices de nos sociétés occidentales spécifiquement en Amérique du nord où la relation à la terre et au territoire est très forte. Nous sommes de plus en plus nombreux sur la planète mais l’espace est limité. Dans les grandes métropoles, l’étalement urbain doit être contraint pour des raisons écologiques et économiques. Il est nécessaire de densifier au maximum les villes. C’est la densité qui, « en augmentant l’activité urbaine et en renforçant donc les assises fiscales de la cité, lui permet de financer ses infrastructures, à commencer par les transports en commun, son entretien, ses parcs, son développement. » [1]
Les espaces d’une ville sont voués à être partagés et utilisés de manière commune et les espaces privés se réduisent. Manhattan a l’une des plus haute densité de population du monde, 25 835 hab/km2 alors que Montréal compte 5 107 hab/km2. La population des grandes villes augmentent et se loger coûte cher, être propriétaire de son logement devient difficile. Ces dernières années, « le rêve américain de la propriété pour tous (…) a viré au cauchemar » [2] . Les familles les plus modestes se sont lourdement endettés pour accéder à la propriété. L’augmentation des taux des crédits a amorcé la crise financière que nous connaissons aujourd’hui.
La colocation connaît donc un grand succès et pas seulement chez les étudiants. C’est avant tout une solution économique, « en s’y mettant à plusieurs, on a 30% de surface en plus pour 30% de loyer en moins » [3].
Dans ces nouveaux types d’habitations, les espaces communs et leurs usages se partagent, la sphère privée et intime se réduit à la chambre à coucher, ce sont de nouveaux modes d’appropriations de l’espace.
Les comportements face à la consommation de masse évoluent aussi. Nous voyons apparaître depuis plusieurs années des systèmes alternatifs comme le recyclage, le troc, l’échange, la ré-appropriation pour limiter les impacts de la consommation sur l’environnement. Ces systèmes sont mis en place par des institutions, des associations, des entreprises ou des particuliers ayant une forte conscience écologique. Emmaüs en est un bon exemple : « la récup, c’est notre outil d’origine, (…) On va aller de plus en plus vers des mécanismes d’écotaxes qui incitent à la récupération. » [4]
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Les relations que nous entretenons avec les objets, les espaces, les personnes mettent toujours à l’épreuve la notion de propriété. Nous délimitons sans cesse des espaces, physiques ou mentaux, qui nous appartiennent. Ces limites permettent les relations avec autrui, grâce à elles nous pouvons nous situer. Elles sont confortables lorsque chacun est à sa place et connaît son rôle, le franchissement de ces limites déclenchent le conflit comme le montre le court-métrage sans équivoque de Norman Mc Laren de 1952. [5]
Nous nous approprions les différents espaces que nous fréquentons au quotidien à plusieurs échelles, de la ville à l’habitat. Ces espaces sont souvent partagés et usités par d’autres personnes. Ces superpositions d’usages nous renseignent-elles sur notre pratique de la propriété contemporaine?